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Lui qui martèle à l’envi sa prétendue ambition de réformes, lui qui prétend à qui mieux mieux changer le visage de la France, son modèle social, économique et culturel, passe au contraire son temps, concernant l’éducation, à brouiller la cohérence de ce qu’il entreprend, à en minimiser la portée. Car ce qu’il tente de mettre en route en multipliant les attaques à chaque étage du système scolaire, en fragilisant les effectifs et les carrières des enseignants, c’est de passer d’un système visant une ambition éducative de haut niveau pour tous à un système basé sur l’acceptation des inégalités et le mise en concurrence.
Contrairement à ce que prétend le ministre, la différence n’est pas entre ceux qui reconnaitraient les insuffisances du système actuel et ceux qui se mettraient la tête dans le sable pour prôner l’immobilisme. C’est précisément parce qu’ils se dépensent sans compter au quotidien pour faire reculer les inégalités scolaires que les enseignants connaissent l’ampleur des difficultés à surmonter. Ils n’attendent donc pas le statu-quo.
Ce qu’ils contestent dans les orientations gouvernementales, ce n’est pas le changement par principe, ce sont les diagnostics et les remèdes proposés pour changer. Dire que le nombre d’enseignants n’est pas en soi et à lui tout seul gage de résultats est une chose, mais prétendre à partir de là que programmer la suppression de 80 000 postes d’enseignants dans les années à venir ne pose aucun problème, c’est une absurdité qu’enseignants comme parents et élèves ne peu¬vent accepter.
Dire que le maintien en l’état de la carte scolaire ne résout pas le problème d’inégalités entre établissements est une chose, mais décider sa suppression et encourager la mise en concurrence en prétendant offrir de nouvelles chances, c’est une supercherie.
Cette mise en concurrence accentuera précisément les inégalités au lieu de les résorber. Constater qu’un trop grand nombre d’enfants quittent l’école pri¬maire en retard d’apprentissages est une chose, mais ramener au nom de ce constat les programmes plusieurs décennies en arrière, c’est méconnaitre la racine des problèmes posés et refuser en réalité de les traiter.
Les enseignants récusent les réponses régressives du gouvernement car le laisser faire, c’est prendre le risque d’un affaissement de notre système éducatif à un moment où tout appelle l’inverse. Le plus grave, c’est qu’en persistant dans une voie largement rejetée, en culpabilisant les enseignants quand il faudrait les mobiliser, en cherchant à les opposer aux familles alors que la coopération des uns et des autres est une des clés de la réussite scolaire des enfants, le gouvernement ne s’enfonce pas seulement dans l’erreur, il empêche le grand débat public dont l’école aurait le plus grand besoin pour remplir toujours mieux son rôle.
Face aux dangereux projets éducatifs du gouvernement, la mobilisation est une œuvre de salut public. Et si elle a l’audace d’engager le débat sur une transformation progressiste de l’école, elle peut être un formidable atout pour penser les énormes défis qui l’attendent
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